Au départ, Tri Yann est un quatuor amateur qui compte « trois Jean » : Jean-Louis Jossic, Jean-Paul Corbineau et Jean Chocun. Après un premier album bricolé en 1972, qui contient le célèbre « Dans Les Prisons De Nantes », ils se professionnalisent et enregistrent « 10 ans, 10 filles » (1973), puis l’excellent « Suite Gallaise » (1974). A cette époque, leur musique est assez folk et leurs arrangements – misant sur la guitare sèche, le violoncelle et les instruments traditionnels – de bon goût. « Cad E Sin Don Te Sin », traditionnel gaélique, « Pelot d’Hennebon », savoureux morceau antimilitariste et « Complainte de la blanche biche », chanson du 17ème siècle recueillie par Paul Eluard dans « La Poésie du Passé », font alors partie de leurs meilleurs morceaux.

Cédant à la tentation électrique, le groupe s’élargit et enregistre en 1976 « La Découverte Ou L’Ignorance », un de ses albums les plus connus. Le disque contient en effet les aventures du loup, du renard et de la belette, narrées dans « La Jument de Michao ». Il voit également Tri Yann se lancer dans des tentatives musicales plus ambitieuses, proches du rock progressif (ou du folk progressif…).

« Urba » (1978) continue dans ce sens. Les musiciens se rapprochent de l’esprit d’Ange ou de Malicorne, avec « An distro euz a vo zaoz » ou « L’aimante à la grand’messe ». Mais c’est leur album suivant, « Le soleil est vert » (1981), qui marque véritablement l’aboutissement de leurs ambitions. Avec une longue suite occupant la totalité de la face B, « An héol a zo glaz », le trio mêle de façon originale la musique traditionnelle et le rock. L’album contient aussi des chansons plus efficaces, devenues des classiques de la musique bretonne, comme l’an dro « Guerre, Guerre, Vente, Vent » ou la ballade « Si mort a mors ».

Dès lors, leurs albums vont hésiter entre ce style « Chant de France » (particulièrement présent sur « Belle et Rebelle », 1990), les chansons bretonnes engagées (comme « Dansons La Listériose », en 2001), les traditionnels plus dansants (« Le reel de Louis-Marie », 1993 ou « Goulven Salaün », 1995) et les inévitables grands projets ambitieux. A ce chapitre, on citera leur combat pour la réhabilitation de Guillaume Seznec, victime d’une célèbre erreur judiciaire.

C’est sur scène que Tri Yann – une grosse machine maintenant – montre son plus grand intérêt, notamment grâce à ce showman qu’est Jean-Louis Jossic.



Jean Chocun, de Tri Yann, interviewé par Mark dans émission "Claudes Classiques" sur Zénith FM

Site officiel de Tri Yann

© Celty Bais